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Test de Castlevania



Avec l'avènement des premières consoles de salon, le jeu vidéo allait puiser dans de larges sources d'inspirations encore inexploitées et ainsi créer ses premières licences. C'est ainsi que Konami se lança dans l'une de ces aventures en imaginant Castlevania, un jeu qui s'inspirera entre autres de l'oeuvre de Bram Stoker. Les maîtres mots des développeurs seront simple : une quête pénible et des sensations fortes.

Le mythe du vampire

castlevan1Castlevania c'est avant tout une histoire qui mettra à profit une ambiance lugubre. Une atmosphère riche en possibilités tant le thème abordé est source d'inspiration. Nous sommes en 1691, et cette sombre année est marquée par le retour d'entre les morts d'un puissant vampire qui ressuscite tous les siècles, le Comte Dracula. Mais une lignée veille et le clan Belmont attend ce moment depuis longtemps. Avant de pouvoir en découdre avec le funeste vampire, il faudra parvenir jusqu'à sa crypte. Mais le Comte est protégée par une armée de sbires tous plus maléfiques les uns des autres et notre chemin sera semé d'embûches. Quand l'aventure commence, on aperçoit au loin un château macabre, un clair de lune nous éclaire tandis que l'on pénètre son enceinte. L'ambiance n'est pas rassurante et présage déjà des péripéties qui nous attendent. L'enrobage de Castlevania devra beaucoup à sa réussite. C'est un univers fidèle qui va se dessiner au rythme de notre progression, rempli d'ennemis en tout genre et de boss mythiques. Le château se décompose en six niveaux, les traverser constitue déjà une épreuve en soi et ajoutez qu'en conclusion de chacun nous attendra un puissant gardien. Il ne faudra pas se contenter de parcourir les niveaux, on veillera à amasser un maximum d'items, on s'efforcera de perdre le moins de vie possible sous peine de faire pâle figure devant les boss. Car Castlevania est une aventure difficile où la moindre erreur de jugement pourra nous être fatale.

Un univers glauque

castlevan3Un thème pareil mérite d'être soigné et Konami fera preuve d'une grande inspiration dans la création de son château. Tous d'abord, les environnements sont glauques à souhait, les décors variés, on en sentirait presque l'humidité qui tapisse les lieux. Notre chemin de croix commencera dans la cour du château, et successivement on s'y enfoncera de manière plus profonde, traversant tour à tour sa cour extérieure, ses cavernes, sa cour intérieure, ses douves, ses catacombes, pour enfin nous élever dans son clocher et pénétrer l'antre de Dracula. Chacun des niveaux dispose de ses propres thèmes, couleurs, musiques... De nouveaux ennemis feront leur apparition fréquemment, corsant à tout instant la difficulté d'une jouabilité qui ne pardonne pas la moindre erreur. La progression mettra donc nos nerfs à rude épreuve. Peu de secondes de répit et des ennemis qui réapparaissent sans cesse. Mais notre avancée est encouragée par la découverte d'armes qu'il faudra utiliser avec parcimonie, en veillant à ne pas se retrouver à court de munition aux instants fatidiques : les rencontres de fin de niveau. Ici, les développeurs se sont livrés à un drôle de mélange. Si le thème du vampire aurait pu se satisfaire de ses seuls préceptes, dans les faits on trouvera diverses créatures qui n'ont pas vraiment leur place dans cet univers. Ceci étant, ils se fondent à merveille dans le décor. Chauve souris géante, Gorgogne, la Créature, deux Momies, la Mort, et enfin Dracula.

Une jouabilité qui ne pardonne pas

castlevan6Simon Belmont n'a qu'une petite palette de mouvements. Le héros peut avancer, sauter, et attaquer avec son traditionnel fouet ou son arme secondaire. Le fouet est donc l'arme de base mais aussi la plus précieuse. Sa portée s'améliore en trouvant des upgrades, mais sitôt que l'on meurt il reprend sa ridicule taille standard. Il en sera d'autant plus difficile de reprendre la partie en plein coeur d'un niveau. Pour l'aider dans sa quête, Simon trouvera plusieurs objets. Mais le jeu est sévère. On ne peut en transporter qu'un seul à la fois. Hache, crucifix, couteaux, flacon d'eau bénite, et une montre pour stopper le temps. Comme si cela ne suffisait pas, on ne peut s'en servir à volonté. Leur utilisation dépense une jauge qui se vide diablement vite, et pour la remplir il n'y a d'autres choix que de tuer des ennemis ou détruire des éléments du décor. Si les vagues incessantes d'ennemis ne sont pas de tout repos, il faut également user de dextérité puisque le jeu compose avec beaucoup de plates-formes. La jouabilité est d'ailleurs un brin rigide, limite frustrante. On saute péniblement et les chutes ne sont pas rares. Ajouter à cela que dans la plupart des endroits où l'on trouve du vide, des têtes de méduse tentent de nous y précipiter. Pour couronner le tout, on a que très peu de vie. Il est impossible d'en récupérer autrement qu'en mangeant un poulet, un item très rare que l'on ne trouve au maximum qu'une à deux fois par niveau... ou pas.

Une quête salvatrice

castlevan7Castlevania a largement de quoi frustrer le joueur mais heureusement, la progression est bien articulée et donne envie d'en découdre avec les boss. Au fil de nos parties, on apprend à connaître les niveaux par coeur, on sait qu'à tel endroit on trouve tel objet, on économise au mieux nos ressources, on évite les pièges, et on découvre quelques astuces rendant l'exercice moins délicat. Chaque fois qu'un boss est vaincu, on reprend notre partie à l'entrée du niveau suivant. Ces combats de fin de niveau comptent parmi les points forts du titre et renvoyer ces monstres en enfer procure une satisfaction telle qu'on a hâte d'en finir avec les suivants. A ce titre, je crois que nombreux se souviendront du combat contre la Faucheuse, sans doute le plus difficile de l'aventure. La bande-son marquera également le succès de la licence. En parfait accord avec son univers, les thèmes sont originaux et efficaces. Il est d'ailleurs amusant de constater que plus de vingt ans après la sortie du titre, certains résonnent encore dans notre tête. Entraînantes pas moment, et inquiétantes en d'autres, les compositions contribuent grandement à plonger le joueur dans les ténèbres de cette aventure. Peu de téméraires auront fini le jeu à sa sortie. La difficulté relevée aura eu raison de beaucoup mais le défi en valait la chandelle et au terme de sa lutte acharnée contre Dracula, Simon Belmont perpétuera la tradition de sa famille et le château tombera en ruines... jusqu'à ce qu'un siècle plus tard il refasse surface.


Verdict

Konami ne pouvait pas espérer mieux pour percer dans le jeu vidéo. Castlevania a immédiatement su capter l'attention du public et se faire une place de choix au rang des jeux mythiques. En suivront de multiples déclinaisons, la licence avait de beaux jours devant elle, et plusieurs de ces suites revisiteront le thème avec plus ou moins de réussite. Symphony of the Night étant sans doute l'aboutissement ultime. Depuis le passage à la 3D, Castlevania n'a jamais su retrouver sa gloire d'antan. Aussi, de nos jours, ces opus old-school sont pour la plupart tous devenus des classiques que tout joueur qui se respecte se doit au moins de connaître.




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Plateforme : NES
Editeur : Konami
Développeur : Konami
Sortie : 19 décembre 1988
Genre : Action

Fiche complète

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