Nintendo live 24/7
Alors que la plupart des portages arcades sur console de salon se contentent de retranscrire un contenu identique, la NES aura droit à un traitement de faveur et se paiera le luxe d'une adaptation sur mesure. Il faut dire, se rapprocher graphiquement de l'arcade aurait été un challenge que la 8-bits de Nintendo aurait eu bien du mal à relever. Ainsi, même si les différents niveaux, ennemis, et musiques sont à peu de choses près les mêmes que son aîné, Double Dragon II sur NES composera une version à part qui fera les beaux jours de la console. L'histoire se passe à New York, tout juste dévasté par une guerre nucléaire. Le crime règne désormais sur la ville et voit son emprise s'étendre de jours en jours. C'est alors que deux frères, Billy et Jimmy Lee, décident de se mettre en travers du syndicat des Shadow Warrior. Dans le premier volet de la série, ce même gang avait kidnappé Marion, la fiancée de Billy. Mais cette fois, ils ont littéralement dépassé les limites en assassinant la belle. Voilà qui explique le sous-titre The Revenge. Les frères Lee partiront donc en quête de vengeance, et pour ce faire, ils mettront à profit tout leur talent des arts martiaux.
Le jeu commence dans les rues de la ville. On est à peine dans la place que des punks nous foncent dessus, réclamant une leçon sans doute, c'est l'occasion de découvrir le maniement du héros. Le gameplay demandera un petit temps d'adaptation puisqu'en fonction de notre position, les commandes varient. Une panoplie de mouvement est à découvrir. Uppercut, coup de genou, coup de pied sauté, coup de pied tournoyant, coup de coude, on peut même saisir nos adversaires par les cheveux et leur donner une respectable correction. Le gameplay s'assimile vite, le premier niveau se contente juste de nous mettre dans le bain. Certains des ennemis croisés en chemin seront armés. Billy a beau être un expert en arts martiaux, les combats seront souvent à son désavantage. La plupart du temps, les membres du gang viennent par petit groupe et il n'est pas rare que l'un d'entre eux soit équipé d'un couteau, d'un fouet, d'une barre de fer, de grenades ou encore de bâtons incandescents... On pourra facilement les désarmer et retourner leurs propres armes contre eux. Mine de rien, tous ces éléments proposeront énormément de diversité dans la façon de se battre. La rejouabilité du titre n'en sera que meilleure et on prendra plaisir à se débarrasser de chacun selon nos envies.
Avant de venger la mort de notre bien-aimée, il faudra arpenter de nombreux niveaux pour se frayer un chemin jusqu'au repère du chef des Shadow Warrior. Les niveaux sont tous différents les uns des autres, complètement linéaires, on se déplace jusqu'à ce que l'écran se fige, un groupe d'ennemis arrive, on leur règle leur compte, et on poursuit jusqu'au suivant. Si le titre est résolument tourné vers l'action, on trouvera tout de même quelques phases de plates-formes. Ce n'est pas là la plus grande réussite du jeu, d'autant que sauter n'est pas toujours un exercice facile. Mais ces moments apporteront un peu de diversité dans l'aventure. Chaque fin de niveau marquera la rencontre avec un ou plusieurs boss. Certains d'entre eux reviendront d'ailleurs à plusieurs reprises. Ils sont en quelque sorte les chefs de zones et tentent de stopper notre avancée vers le niveau suivant. Rien de bien compliqué, les boss comptent juste un peu plus de vie que les ennemis de base et leurs coups nous blesseront davantage. En revanche, les environnements dans lesquels on les rencontre sont variés et pour certains inattendus. Le jeu est également entrecoupé de mini cut-scènes qui serviront de trame scénaristique. De nos jours, les revoir prête à sourire, mais en 1990, celles de Double Dragon II faisaient sensation.
La progression des deux frères sera variée. Les rues de New York, un hélicoptère, un complexe sous-marin, la traversée d'une forêt, tout ça pour le mener jusqu'à un temple qui marquera les derniers challenges du jeu. Chacun d'entre eux a fait l'objet d'une modélisation assez soignée, c'est coloré, les arrières plans témoignent aussi de la qualité des graphismes. Quant aux thèmes et aux bruitages, ils se confondent efficacement dans l'ambiance sans toutefois atteindre des sommets. Mais ce qui décuplera son intérêt est la possibilité de jouer à deux. L'aventure s'en verra grandement facilitée puisqu'il n'y a aucune différence dans la fréquence des ennemis. Finir le jeu seul n'est pas insurmontable, mais à deux c'est mieux et cela équilibre un peu plus la donne. Trois modes de difficulté sont également proposés. Outre le fait que les ennemis soient sensiblement plus puissants, c'est plus le déroulement de l'aventure qui s'en voit modifié. En mode Practice, vous ne compterez que trois stages. En Normal, sept niveaux vous attendent. Et pour en finir avec les neuf niveaux, et accessoirement découvrir la fin, il faudra jouer en mode Warrior. Certes Double Dragon II n'est pas exempt de tout reproche. Les sprite ont une fâcheuse tendance à clignoter, la rigidité de certains sauts durant des phases de plates-formes fait rager, et quelque part le jeu est très répétitif puisque dès le départ on dispose de l'ensemble de notre palette de coups. Ces lacunes ne sont en rien excessives mais sont tout de même à souligner.
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