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Pour les ignorants (comme moi avant de découvrir ce jeu sur DS), la série Dragon Quest est un monument du jeu vidéo et du RPG en particulier au Japon. A la différence de Final Fantasy, autre série phare réalisée par Square-Enix aujourd'hui, Dragon Quest n'a jamais eu les faveurs du public en Occident. La faute à une localisation inexistante jusqu'au 8ème opus sur PS2 en Europe ! Il est vrai aussi que le principe du jeu peut sembler rébarbatif pour un public habitué aux jeux d'action et RPG plus grand spectacle. Ce remake est donc une excellente occasion de découvrir Dragon Quest en attendant la localisation du dernier opus en date, le neuvième... Pour la petite histoire, il s'est vendu plus de deux millions d'exemplaires de DQ IX au Japon en moins d'une semaine début Juillet ! Dragon Quest IV pourrait prétendre à être l'exemple parfait du RPG japonais traditionnel. L'histoire tient une place prépondérante et le joueur est invité à la découvrir petit à petit en dirigeant un groupe d'aventurier sur une carte généralement vaste. Le rôle du héros, et donc de vous, consistera à sauver le monde face à une menace et un méchant pas beau: un grand classique indémodable. Bien sûr cela ne se fera pas immédiatement et vous serez amené à combattre de très nombreuses fois pour faire évoluer vos personnages avant d'aller botter les fesses au boss final.
Cet opus innove toutefois par sa narration en chapitre, 5 au total. Au lieu de rencontrer vos coéquipiers au fur et à mesure de votre progression, L'épopée des Elus est divisé en chapitres consacrés à un personnage ou un petit groupe. Vous serez donc amenés à contrôler les différents protagonistes individuellement et les faire évoluer en découvrant leur histoire. Ce ne sera qu'au chapitre final que vous retrouverez le héros (ou l'héroïne, le jeu n'étant pas misogyne) et que vous aurez alors un groupe complet. Ce découpage en chapitres permet ainsi de s'attacher aux aventuriers un à un. Votre petite troupe n'est pas simplement le héros plus le reste mais une somme d'individualités avec leur propre motivation à sauver le monde. Monde que vous découvrirez région après région avec leur dialecte propre à chaque partie avant de pouvoir le parcourir intégralement avec tous les personnages réunis. Cette scénarisation offre un dernier avantage sur lequel je reviendrai un peu plus tard. La majorité des joueurs préfèrent le scénario de l'opus suivant (aussi disponible dans le commerce, sous le nom de Dragon Quest : la Fiancée Céleste) plus complexe et surprenant. Difficile de comparer vu que je ne l'ai pas fait ! Il n'empêche que l'histoire de L'Epopée des Elus, bien que simple, ne peut pas laisser indifférent un joueur. Difficile de ne pas sourire en voyant Alina, la princesse garçon manqué, ou de se sentir ému par la scène d'introduction. Le chapitre de Torneko le marchand constitue sans doute la plus grande originalité de cet épisode avec un objectif très particulier et surprenant. Je ne dévoilerai rien mais sachez que vous apprécierez ce moment ! D'ailleurs Torneko aura droit plus tard à des jeux à son effigie. L'histoire est assez linéaire et offre peu de quêtes annexes, un grand dada à l'heure actuelle. Un chapitre bonus est disponible une fois l'aventure principale bouclée. Et si vous voulez perdre du temps, vous pouvez toujours allez dépenser sans compter au casino du jeu et gagner des cadeaux très appréciables. Il y a aussi un mode multijoueur peu mémorable que je n'ai jamais essayé. La notice vous renseignera mieux que moi.
Comme vous l'avez peut-être compris, Dragon Quest IV a été mon premier épisode de cette saga et mon profil renseignera les curieux sur mon CV de RPGiste : néophyte. Je savais quand même ce qu'était un RPG ayant pu jouer et finir quelques uns ! Et c'est avec un magnifique aplomb que je vais écrire ceci à contre-courant de la grande majorité des tests : Dragon Quest n'est pas dur. Il demande juste de la patience. Beaucoup de patience. Son gameplay est simplissime, ce qui est pour moi la marque des grands jeux. Si certains lecteurs connaissent Pokemon, vous ne serez pas perdus devant celui de DQ. Pour les autres, rapide explication : Dragon Quest est une série de RPG au tour par tour. Traduction : les protagonistes d'un combat attaquent chacun à leur tour, l'ordre étant déterminé par une caractéristique des personnages (l'agilité ici). Vous donnez vos ordres à vos quatre équipiers à l'aide d'un menu très ... aride. Attaquer, Défendre, Objet, Magie seront les seuls choix disponibles un fois le combat accepté. Il est en effet possible de refuser le combat en fuyant si le monstre affronté le permet ! Heureusement, quelques icônes sont là pour égayer le tout. Et vous regardez le résultat. Enfin, regarder est un grand mot : seuls les ennemis sont visibles et vos attaques sont symbolisées par une petite animation. Oubliez aussi le sang, ou tout autre réalisation poussée. L'ennemi clignote quand il est touché et disparaît une fois ses points de vie à 0. Le grand spectacle, c'est la porte à côté, vous disais-je ! Les animations des monstres sont tout de même qualité et agréables : le style old-school n'a pas fini de nous charmer.
Chaque combat réussi rapporte de l'argent et de l'expérience pour toute l'équipe, y compris pour les personnages non sélectionnés. Un bonus appréciable pour faciliter votre progression. Avec l'argent, vous pourrez aller faire du shopping pour s'équiper de la dernière épée à la mode. L'expérience fait évoluer votre personnage qui devient encore plus fort, plus intelligent et plus beau. S'il est capable de pratiquer la magie, il apprendra de nouveaux sorts plus puissants pour le plus grand malheur des méchants. Le découpage en chapitre révèle de nouveau toutes ses qualités ici. Au lieu de plonger directement le joueur dans l'histoire avec des possibilités de gameplay nombreuses, le jeu l'invite à découvrir petit à petit les forces et faiblesses de chaque classe. Après une intro pour maîtriser les fondements du jeu, se déplacer et discuter, nous commençons par diriger un guerrier à la stratégie simplissime : "je tape/je me soigne". La présence temporaire de personnages secondaires pour accompagner un aventurier permettra de s'initier au combat à plusieurs. Viendra ensuite le temps de commander les mages, faibles physiquement mais dotés de pouvoirs très utile : renforcer un compagnon, affaiblir l'ennemi, soigner... Ce véritable manuel d'apprentissage est invisible et il est probable que peu de joueurs s'en rendent compte tellement il est bien réalisé. Une fois ces bases maîtrisées, il suffira au patient joueur de parcourir la carte en n'oubliant pas de discuter avec tous les personnages rencontrés et en enchainant les combats. Combats aléatoires puisque les ennemis sont invisibles et qui ont une fréquence très élevée. Un exemple : vous rentrez dans un couloir, combat, vous avancez et le couloir se révèle être une impasse, combat (si le couloir est long), demi-tour et chemin inverse pour sortir, combat à la fin. Et c'est ça tout le temps. J'avais bien dit qu'il fallait être patient. L'immense avantage de ces combats (je n'ai pas de synonyme !) est qu'ils sont rapides : pas de cinématiques à rallonge, pas d'effets visuels à outrance. Attaquer, Défendre et basta. Au final je les ai d'ailleurs trouvés si plaisants que je m'amusais à trainer en jeu !
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