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L'ordinateur de protection de la planète Terre a été attaqué par un redoutable virus en constante évolution. Face à cette terrible réalité, un seul homme peut sauver le monde de l'apocalypse, le colonel Scott O'Connor, et ce dernier est prêt à risquer sa vie pour tenter l'impossible grâce à une nouvelle technologie révolutionnaire. C'est ainsi que le héros se retrouve converti en données informatiques et que l'armée l'introduit dans les circuits imprimés de l'ordinateur infecté. La structure moléculaire du colonel se voit alors transformée par un système de transfert d'images pour donner naissance à un héros improbable : le Quantum Fighter. Derrière ce scénario extravagant se cache en réalité un jeu de plates-formes - action plutôt surprenant. L'histoire est pour le moins originale, et le Quantum Fighter a une allure peu commune, mais dès le premier niveau le ton est donné. Le folklore japonais semble par ailleurs avoir inspiré les développeurs puisque le héros aura parfois des airs de geisha, notamment durant les cinématiques. La mécanique du jeu s'apparente beaucoup à celle de Batman ou Ninja Gaiden, mais Kabuki Quantum Fighter est suffisamment original pour ne pas être taxé de vulgaire spin-off. Bien au contraire, il est l'une des meilleures expériences du genre parues sur NES.
Le concept du jeu est intéressant. Se retrouver dématérialisé en données informatiques pour ensuite se voir injecté dans l'unité centrale d'un ordinateur est une idée bien sympathique. Cette technologie n'étant encore qu'à l'état de prototype, sur l'instant nul ne sait ce qu'il adviendra du colonel Scott O'Connor... Et lorsque le héros entre en scène, on ne peut s'empêcher de sourire en découvrant un Kabuki, autrement dit un danseur de ballet japonais. Passé ces premiers instants, on se retrouve immédiatement plongé en plein coeur du problème, et la réalisation s'en sort avec tous les honneurs. Les décors du jeu ne sont certes pas tous cohérents, on se demande par exemple que vient faire de l'eau dans un ordinateur tout comme le bestiaire n'est pas des plus inspirés... Mais du haut de ses 16 couleurs, le résultat est vraiment bluffant, parmi les meilleures réalisations de la console. Malgré la sensation d'enfermement, les graphismes sont variés et les animations très travaillées comme les mouvements du héros ou certains éléments du décor. Le jeu ne souffre d'aucun ralentissement, chose assez rare pour l'époque et qui mérite d'être soulignée. Bien des surprises vous attendent tout au long des 6 niveaux de l'aventure.
Maintenant que vous situez le cadre, il est temps d'aborder un point crucial, à savoir la jouabilité du titre. Et c'est sans doute ici que Kabuki Quantum Fighter aura marqué les esprits, car c'est à coup de cheveux que vous avancerez dans ces niveaux. Du moins principalement car le héros disposera d'autres armes bien utiles. Mais la longue chevelure du Kabuki lui permet de fouetter tout ce qui se dresse sur son chemin, et cela s'avère assez plaisant. Ajoutez à cela 5 armes secondaires qui renfloueront son arsenal, leur utilisation dépendra d'une jauge qu'il faudra surveiller avec attention. Vous gagnez ces objets à chaque fin de niveau, juste après la défaite des boss, mais armez-vous de patience car au premier abord le jeu paraîtra très difficile. Ce n'est qu'une fois la maniabilité assimilée que vous pourrez profiter pleinement du titre. Le contrôle du personnage peut paraître frustrant en raison des sauts millimétrés ou du fait qu'un simple faux mouvement peut vous faire chuter mais il ne tient qu'à vous de contrôler tout ça à la perfection. On se suspend, on s'accroche aux murs, on saute sur des plateformes, et on veille au grain car les pièges ne manquent pas : gouffre sans fond, pales d'hélices, bassin de lave... Mais le héros répond parfaitement et c'est en jouant calmement que l'on progresse. Cela permettra d'ailleurs d'amasser quantité de vie et bonus qui serviront à utiliser nos armes spéciales.
La bande-son du jeu fait aussi son petit effet. Soyons clair, il est difficile de faire mieux sur un tel support. Les musiques se marient parfaitement au cadre de l'aventure, avec des petits airs électroniques, occasionnant même par endroit un soupçon de stress. Les différents bruitages pour leur part s'en sortent bien même s'ils manquent un peu d'originalité. Ensuite, si le level design est plaisant, il manque lui aussi de variété, d'autant plus que les niveaux ne sont pas d'une longueur extrême. Les boss quant à eux vous offriront quelques challenges, rien d'insurmontable si ce n'est peut-être le boss de fin mais tout de même, vous devrez vous y reprendre à plusieurs fois. La difficulté est donc relativement bien dosée et le premier niveau constitue l'aire de jeu idéale pour maîtriser la panoplie de mouvements du héros. Le tout ira à crescendo, procurant un fier sentiment de réussite lorsque vous franchirez les derniers stages. Le jeu propose également du high score puisque le nombre d'ennemis vaincus ainsi que le temps de jeu sont comptés. Cela apporte une certaine replay-value et vous tenterez sûrement de battre vos records. Enfin, l'aventure est également ponctuée de mini-cinématiques. Il faut bien entendu les remettre dans leur contexte et elles n'apportent pas grand chose mais c'était assez rare sur NES et cela appuyait la petite mise en scène.
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