Nintendo live 24/7
L'histoire prend place à Santa Destroy une petite bourgade pommée près de la frontière Mexicaine et la cinématique d'introduction nous présente brièvement le héros Travis Touchdown, un otaku sans prétention, amateur de fringues branchés et cinéphile d'un genre... particulier. Par le biais d'une rencontre hasardeuse au cours d'une soirée d'ivresse il accepte un contrat de nettoyeur afin de se mettre en selle dans le milieu. Passé ces quelques minutes de présentation assez déconcertantes on se trouve immédiatement plongé en plein coeur de l'action après une arrivée fracassante fin prêt à en découdre avec tout ce qui se trouvera sur notre chemin. Le dépaysement est immédiat. La prise en main est instantanée et tel un katana à la main la wiimote s'utilise de manière instinctive dévoilant petit à petit au cours de ce préambule la richesse d'un gameplay à l'aspect nerveux qui procure un sentiment de toute puissance. On se plait à découvrir les combos dévastateurs disséminés parmi des finish move qui expédieront en enfer ceux qui se dressent sur notre chemin.
Vous l'aurez compris le gameplay tient une part très importante et constitue l'un des points forts du titre. La wiimote se tient donc à la manière d'un katana et on choisit entre une garde haute / basse en la tenant selon nos envies. On attaque en martelant le bouton A et on finit les ennemis de coups vifs en suivant les quick time à l'écran. Vu de cette façon cela peut paraître minimaliste mais il est assez difficile à résumer en quelques lignes cet aspect du soft étant tant il est intranscriptible en raison de l'abondance d'effets de styles particuliers... Prenons par exemple le jackpot qui nous accompagne en mission et à raison de décrocher le gros lot il nous permettra d'aller encore plus loin dans la folie destructrice qu'habite Travis. Cela se traduit par des phases de gameplay uniques, aussi brèves qu'intenses n'excédant pas les 20 secondes et si parfois on passera en mode "instant killer" d'autres fois le temps ralentira avec des passages en noir et blanc laissant entrapercevoir une lueur pas très catholique au plus profond de l'oeil de notre héros... Il est également possible aussi de placer des prises au corps à corps et leur nombre augmentera au fil de l'aventure. Ces prises nécessitent l'utilisation de la wiimote et du nunchuk de manière synchronisée, toujours suivant les détails à l'écran et sont toutes aussi faciles à reproduire qu'expéditives pour les ennemis. Des petits gestes supplémentaires tels l'achèvement d'un ennemi au sol en un coup, des coups de pied, des coups de katana chargé ou autre esquives sont là pour varier les plaisirs mais il faudra aussi se montrer réactif pour assurer des contres efficaces face aux assauts répétés de l'ennemi.
La chambre de motel de Travis est en quelque sorte le point central de l'histoire. Dans cette pièce, que le héros a pour seul refuge, il sera possible de modifier son look grâce à une garde robe aussi variée qu'onéreuse à étoffer. On peut consulter la carte du jeu avec les points clefs comme le vidéo club où on pourra faire l'acquisition de vidéo cassettes... de catchs uniquement, la salle d'entraînement de Maître Ryu, la boutique de fringues, les petits boulots et autres missions disponibles. On peut se restaurer au frigo, s'évader un instant avec Jeane ou encore admirer notre collection de cartes. Ah oui, on sauvegarde en allant aux chiottes. C'est au motel également que se trouve notre téléphone et il faudra consulter régulièrement le répondeur qui fait office de narrateur pour avancer dans l'histoire. Vous l'aurez compris le jeu se déroule ainsi en deux temps. D'un côté les phases relatives à la progression du scénario en défiant un par un les assassins rankés et de l'autre, puisqu'il qu'il faut payer pour prétendre au rang suivant, Travis n'aura d'autre choix que de travailler dur pour gagner de l'argent. Cela se fera via des petits boulots plus ou moins réussis comme ramasser des noix de coco, tondre la pelouse, nettoyer des graffitis, ramasser des ordures, capturer des scorpions...
Une agence près du motel proposera aussi une vingtaine de mission d'assassinats lucratives et rejouables à volonté. Cela va de l'assassinat d'un gérant de fast food à des massacres à la batte au baseball stadium, en passant par des missions à 1 contre 100 ou d'autres où il faudra faire preuve de justesse sans se prendre la moindre égratignure. Un classement or/argent/bronze pour les plus passionnés est dispo pour tous les boulots et missions mais cela ne suffit pas. Malgré ces objectifs variés les missions sont trop répétitives surtout vers la fin où les sommes demandées commencent à devenir astronomiques pour peu qu'on veuille améliorer nos katanas chez la jolie Naomi. C'est un peu là que le bas blesse et que certaines lacunes du soft se font ressentir. Disséminés un peu partout sur la carte cela nécessitera ainsi le déplacement en ville à moto. Le gameplay est ici bien plus chaotique tant la conduite de la Schpel Tiger se veut rigide et où les collisions ne sont pas rares. Passé ces aléas s'ajoute encore une espèce de monotonie puisqu'il n'y a d'autre chose à faire en ville que d'aller d'un point A à un point B. Il est donc impossible de voler des véhicules façon GTA, ni de parler avec les passants, pas de mini jeu en ville et un seul point de saut ! Mais fort heureusement l'interêt du jeu ne réside pas là et sitôt l'argent récolté on retourne dans le vif du sujet.
Là on touche au coeur de No More Heroes. Avant de parler de la mise en scène et de ces boss charismatiques, arrêtons nous un instant sur la patte graphique si particulière, jouant sur une esthétique rétro portée par le choix d'un cell shading qui confère une force si singulière au titre. Il faut l'essayer pour le ressentir mais l'omniprésence du côté old school nous suit des menus du jeu aux classement de fin de niveau un tantinet kitsch. La 3D se veut minimaliste accentuant cette impression et on ressent clairement l'influence de Killer 7. La bande son renforce elle aussi ce trip oldschool avec des sons dignes de nos 8-Bits d'antan qui prêtent à sourire. Le titre n'est pas exempt de défauts loin de là avec une ville tout de même buggée et un clipping d'un autre âge si flagrant qu'on en vient à penser s'il ne s'agit pas d'un effet de style histoire de pousser le paroxysme à l'extrême. La caméra n'est pas sans reproche mais il est possible de recentrer l'action, cibler un ennemi ou la faire tourner et dans l'ensemble elle est satisfaisante. Mais le principal atout de No More Heroes réside dans sa mise en scène très cinématographique et le charisme qui se dégage des différents protagonistes de l'histoire principalement les boss.
Le titre s'articule autour de 10 chapitres dont chaque fin de niveau se termine par un affrontement épique qui donne lieu à des cinématiques de présentation aussi stylées que celles d'achèvement sont violentes. Avec des répliques savamment choisies, un brin d'humour, le tout est saupoudré de connotations sexuelles récurrentes entre Travis et Sylvia, notre héros n'ayant apparemment qu'une seule chose en tête. Ce soin apporté aux boss leur confère à tous une personnalité unique qui force le respect et nous promet des duels d'anthologie. Chacun dispose d'armes et techniques différentes et en venir à bout ne sera pas toujours chose aisée. Les arènes pour ces combats sont à l'image des boss qui nous attendent. Ces passages sont délectables et les modes de difficulté font qu'on y reviendra avec plaisir. Je ne consacrerai qu'un court paragraphe à la censure du jeu. Il faut dire qu'elle a été faîte de manière intelligente en veillant à ne pas amputer le jeu de son esthétique. Les effusions d'hémoglobine ont été revues pour une explosion de cendres ôtant du même coup les effets de découpe et autres démembrements. Pour ceux que ça dérange, seule la version US du jeu est non censurée. Dépaysement assuré et ne ressemblant à aucun autre No More Heroes a le mérite de surprendre tout en servant une expérience unique au joueur. L'aspect artistique, le côté rétro tout comme la mise en scène ont été très soignés. La bande son se veut déjantée et renforce ce trip oldschool. L'humour est savoureux, le scénario comporte sa dose de rebondissements et se veut nettement plus accessible que celui de Killer 7. La durée de vie quant à elle est correcte pour ce genre de titre, comptez une dizaine d'heures la première fois si vous ne traînez pas.
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